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« CE QU’ON VIT EST INCROYABLE »

Après quatre saisons passées en Gironde, au Stade Bordelais et à Libourne, le défenseur Madigoundo Diakité a rejoint sa Bretagne natale en signant cet été à Saint Brieuc. Il vit pleinement l’aventure du club briochin en coupe de France qui s’apprête à recevoir le Paris SG pour le compte des quarts de finale.

Madi, quels sentiments prédominent lorsque l’on s’apprête à affronter le Paris SG en quarts de finale de la coupe de France?

Le premier mot qui me vient, c’est l’excitation. Pour un club de N2 comme le notre, atteindre les quarts de finale de la coupe de France pour la première fois dans l’histoire du club est déjà énorme. Et cerise sur le gâteau, nous allons recevoir le Paris SG, l’un des meilleurs clubs d’Europe. Nous allons jouer sans pression, nous avons déjà éliminé deux clubs de Ligue 1 (Le Havre et Nice), un de Ligue 2 (Annecy) et un gros morceau de N2 (Saint Malo). Nous sommes entrés dans la légende du club puisque le record du Stade Briochin était d’avoir atteint les 8e de finale. Ce qu’ont vit est incroyable. Nous sommes une équipe de copains, l’ambiance règne dans le vestiaire. Nous profitons du moment présent.

La forme actuelle du Paris SG, avec notamment le 7-0 infligé à Brest mercredi en Ligue des champions fait-il peur?

Vu notre parcours, nous sommes sur des matchs bonus. Contre Nice, les statistiques ne nous donnaient que 4% de passer. Nous avons gagné 2-1. On ne pense pas à un éventuel gros score. L’état d’esprit dans l’équipe est fabuleux, nous possédons une défense expérimentée puisque je suis le plus jeune alors que j’ai 30 ans. A chaque tour, on se dit que ça va être compliqué et on passe. Nous savons que ce match sera déséquilibré mais après tout, nous ne sommes plus qu’à deux matchs de la finale au Stade de France.

Qu’avez-vous pensé du tirage au sort? Deux sentiments prédominaient. Il reste encore l’AS Cannes qui joue en N2. Les recevoir aurait pu nous amener plus de chances de nous qualifier même si les cannois possèdent plus de moyens que nous. Nous pouvions aussi vivre des derbies bretons contre Brest et Guingamp. Mais bon, le PSG c’est énorme pour nous.

Vous allez jouer au Roazhon Park de Rennes. Est-ce impressionnant de jouer dans un tel stade?

Les places sont parties très vite. Le stade va être à guichets fermés et les spectateurs vont nous pousser. Mais je ne suis pas surpris par cet engouement. Concernant le stade, nous n’allons pas être tétanisés, au contraire. Et puis, nous avons quelques anciens joueurs pros comme Christophe Kerbrat qui a déjà gagné la coupe de France avec Guingamp. En décembre, nous avons affronté les Girondins de Bordeuax (0-0) au Matmut Atlantique qui est plus grand que l’écrin rennais même s’il n’y avait que 10 000 personnes ce soir-là. Cette ambiance va nous booster et nous faisons du sport pour ça.

Une aventure en coupe de France est le rêve de tout footballeur. Commet vivez-vous ce parcours?

J’en profite un maximum. Pour ma part, je n’avais disputé jusque là que quatre 32e de finale dont le dernier en date, la saison dernière, avec Libourne contre Bergerac. Mon fils avait pleuré après cette élimination, j’étais aussi très déçu. Mais pour nous qui sommes des amateurs ou des semi-pros, nous retrouver en quarts de finale est inoubliable et ça marquera nos carrières et nos vies.

Ça donne des envies d’aller voir plus haut?

J’ai 30 ans mais je ne me fixe pas de limites. Sait-on jamais même si je suis revenu cet été dans mon club de coeur, le club de ma ville qui m’a formé et que je m’y sens très bien. Je remercie d’ailleurs Guillaume Allanou, qui est coach, président. Il force le respect. Il m’a donné l’envie de revenir au club et ce parcours lui est aussi dédié.

Vous êtes revenu en Bretagne cet été après quatre ans en Gironde au Stade Bordelais et à Libourne l’an dernier. Que reste-il de ces années girondines?

En regardant le côté positif, j’ai connu deux montées de N3 à N2 avec ces deux clubs. L’an dernier avec Libourne, nous étions tout proches d’une montée en National avant les problèmes extra-sportifs.  Ça a été une fin de saison frustrante.

Je retiens aussi mes deux graves blessures  avec une rupture des ligaments croisés du genou et une rupture du talon d’Achille lorsque j’étais au Stade Bordelais. Mais ma force mentale m’a permis de revenir et de retrouver ma place sur le terrain. Aujourd’hui, je vis pleinement ce retour en Bretagne. Je suis d’ailleurs dans ma meilleure saison avec un but et trois passes décisives. Pour un défenseur, ce sont des bonnes statistiques et j’espère poursuivre sur ce chemin.

Vincent Ferrandon

Crédit photo : Stade Briochin

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