LE CHEF D’ORCHESTRE DES LIONS
Après plusieurs mois d’adaptation, le meneur Mattéo Dulac donne sa pleine mesure avec le Stade Bordelais.
Il a trouvé sa place. « J’ai débuté la saison en numéro 12 ou 13. Je venais d’arriver. Lle staff et mes coéquipiers ne me connaissaient pas encore. Depuis janvier, j’ai retrouvé mon vrai poste de 10. Là, je peux vraiment m’exprimer pleinement. » Un repositionnement qui permet à Mattéo Dulac de montrer l’étendue de son registre. Des prestations qui ne sont pas étrangères à la fin de saison en boulet de canon de son équipe, quatrième de sa poule de Fédérale 3 et qui reste sur trois succès convaincants de rang en championnat.
Une aubaine pour le réunionnais qui a connu un début de carrière en dent de scie. Et pourtant, l’histoire d’amour entre Mattéo et le rugby est née très tôt : « Je cultive une passion pour ce sport depuis tout petit. Mon père était coach de rugby et je le suivais sur les matchs. Je m’y suis naturellement mis très tôt ».
Mais après une formation à Saint Pierre, des envies d’ailleurs se font jour : « J’ai quitté la Réunion pour le rugby. A 15 ans, j’ai voulu rejoindre la Métropole pour tenter ma chance dans le monde de l’ovalie. Je voulais mettre toutes les chances de mon côté pour percer et faire une carrière. J’avais cette force mentale, je voulais y arriver.»
Un choix courageux qui mène le meneur vers le SC Albi. Là, il parfait ses gammes au contact du plus haut niveau. « J’ai même été 24e sur un match des pros. Mais je ne suis pas rentré. J’ai quand même beaucoup appris en m’entraînant régulièrement avec l’équipe première. » Mais trois saisons au sein du club albigeois plus une autre à Béziers ne suffisent pas : « J’avais l’impression d’être passé à côté de ma carrière. Je suis alors rentré à La Réunion. »
Puis vient le temps des allers-retours : « J’ai été repéré lors d’un tournoi Sevens à Bidart par St Jean-de-Luz. Mais je préparais aussi un diplôme professionnel que je ne pouvais pas assurer dans le Pays Basque. Je suis alors reparti sur mon île. »
Une petite année, et Mattéo reprend à nouveau l’avion pour rejoindre cette fois la Gironde et Saint-Médard à l’été 2023 : « Ma saison s’est avérée mitigée. Ça ne s’est pas bien passé et j’ai décidé de rejoindre le Stade Bordelais cette année. »
Le meneur espère pouvoir enfin se libérer, lui au fonctionnement très pro : « Je regarde tous les matchs, beaucoup de vidéos, j’analyse mon jeu, celui de mon équipe, celui de mes adversaires. Je veux me donner toutes les chances. A 5 heures du matin, je vais à la muscu, je me dois d’être le plus en forme possible même si je me remets constamment en question. Je veux apporter à mes coéquipiers mon vécu d’un club pro pour que l’on soit le plus professionnels dans notre approche. J’avoue être exigeant envers moi-même et envers mes coéquipiers. Mais c’est aussi comme ça que l’on progresse. Pour ma part, j’espère gagner en sang-froid au fil du temps.»
A 24 ans, Mattéo Dulac semble toucher la maturité, lui qui se définit avant tout comme étant au service de son équipe : « Nous ne sommes rien sans le collectif. Je suis entièrement tourné vers le bien de l’équipe. Mes statistiques personnelles ne m’intéressent pas. Je suis là pour faire jouer mes partenaires et les mettre dans les meilleures conditions pour obtenir de bons résultats. J’aime être un leader. J’adore ça même » lance le numéro 10 des Lions qui n’hésite pas à dire qu’il « a trouvé ses marques. »
Le maître nageur de la mairie de Bordeaux entend poursuivre la bonne série de son club : « C’est fou, notre saison n’a pas été linéaire mais nous sommes en course pour la troisième place avant la réception dimanche de Cadaujac pour la dernière journée de la saison régulière. Nous pouvons éviter les barrages et nous qualifier directement pour les phases finales. »
Un défi à la hauteur du compétiteur qui prend son envol.
Vincent Ferrandon