LE REGARD LUCIDE DE KARIM BALTI
Enfant de Bruges et de Lormont, Karim Balti a connu des hauts et des bas en portant les maillots de ces deux clubs. Attaché à ses couleurs au prix de multiples sacrifices, l’efficace ailier droit, appelé en sélection d’Algérie en décembre, attend de savoir de quoi son avenir sera fait.
Pour lui, le mot n’est pas galvaudé. Karim Balti est un fidèle. Une fidélité qui a poussé l’ailier droit de Bruges/Lormont à poursuivre l’aventure avec son club de coeur malgré les embuches rencontrées depuis de nombreuses saisons : « Je suis originaire de Bruges avant d’être redirigé vers Lormont pour le handball. Autant dire que ce club représente beaucoup pour moi. »
Un club avec lequel le joueur de 25 ans a tout connu. Avec tout en haut de la pile à souvenirs, l’année de Proligue, deuxième niveau de ce sport, en 2022-2023 avec un statut pro en prime : « Cette saison a représenté une super opportunité. J’ai pu découvrir ce qu’était le monde pro. J’ai vu ce qu’il fallait comme exigences et travail pour réussir à un niveau ainsi que l’attente suscitée par chacune de nos prestations. J’ai aussi eu la chance d’être coaché par un entraîneur comme Philippe Gardent. Jouer de grosses équipes, dans des salles pleines, notamment celle de Jean-Dauguet de Bordeaux, reste un souvenir indescriptible. Le monde pro est différent du monde amateur. Nous ressentons plus de pression, plus d’attente. Et puis, au milieu de ce groupe de joueurs aguerris, j’étais le joueur local qui avait réussi a signer un contrat pro. »
Une ligne droite vers une belle carrière qui a rencontré un sérieux écueil. Car au terme de la saison, le BBL (Bordeaux Bruges Lormont), est forcé de déposer le bilan et contraint d’abandonner sa place au deuxième niveau du handball national masculin.) « Nous avons appris la situation en fin de saison que le club n’allait pas repartir. Soit je continuais sur un autre projet à travers la France, soit je poursuivais mon aventure avec le club à un niveau inférieur. J’étais très attaché à ce projet de Bruges-Lormont. Je suis l’enfant du projet et j’ai décidé d’être fidèle à mon club, même s’il s’agissait d’un retour en arrière. J’aurai pu vivre du hand en acceptant diverses propositions mais j’ai décidé de rester.»
A l’été 2023 en effet, le statut pro de Karim n’est plus qu’un souvenir pour un club reparti en N1M. « Il a fallu retrouver un travail. Je remercie d’ailleurs BMW et Eden Auto de Lormont pour m’avoir laissé ma chance en tant que conseiller commercial. Au niveau hand, la saison dernière a été très compliquée, il a fallu digérer cette belle histoire, revenir à une certaine réalité. Nous avons réalisé une saison très moyenne l’an dernier. Maintenant, j’arrive a reprendre un rythme. Avec une poignée de joueurs qui ont aussi connu la Proligue, je suis un des cadres du vestiaire et nous obtenons des résultats avec notre deuxième place actuelle. Nous connaissons un petit trou mais certaines incertitudes sont présentes à l’esprit. »
La séparation prochaine des deux entités rendent ainsi les prochains mois aléatoires au coeur d’une saison avec des incertitudes financières sans que l’implication de Karim et des siens n’aient jamais été remises en cause. Mais l’état du hand masculin girondin inquiète le numéro 74. « Nous sommes le deuxième département en terme de licenciés mais nous n’avons pas de clubs de haut niveau. Je viens d’être appelé par la sélection algérienne avec laquelle j’ai vécu un stage en décembre dernier. Mais pour intégrer cette sélection, il faut que j’évolue à haut niveau. Comment faire car à la base, je ne veux pas quitter la Gironde. Attendons de voir comment va s’articuler le nouveau projet. L’idéal serait d’avoir un club en N1 qui pourrait intégrer la N1 fédérale pour avoir la Proligue en ligne de mire. Espérons-le. » Karim Balti est prêt malgré les sacrifices déjà consentis.
Vincent Ferrandon
Crédit photo : Handshoot