« NOUS REPARTONS
SUR LES MËMES BASES QUE L’AN DERNIER »
Didier Tiffon, le président du comité cycliste de Gironde fait le point à l’orée de la saison 2025 et met en exergue plusieurs constats alarmants.
Comment se porte le cyclisme en Gironde?
En terme d’adhésions, nous tourons autour de 1 800 à 2 000 licenciés pour notre sport en globalité. Nous repartons sur les mêmes bases que l’an dernier. Nous étions à 1 850 en 2024, nous en sommes à 1800 alors que la saison débute. On peut en revanche constater la percée du BMX avec 52% des licences qui concerne cette discipline, soit 950 licenciés. Il faut dire que nous sommes bien pourvus en Gironde avec huit clubs de BMX. Et puis, avec Joris Daudet, le champion olympique 2024 et triple champion du monde de BMX et sociétaire du Stade Bordelais, nous pouvons nous targuer d’avoir une belle tête d’affiche. Nous aimerions créer de nouveaux clubs à Mérignac et Langon d’ailleurs.
Quant à la route, elle concerne 600 à 700 de nos licenciés et le reste opte pour le VTT, une discipline plébiscitée par 60% ds moins de 18 ans. Mais nous n’avons pas senti d’effet JO comme dans certains sports.
Que manque-t-il pour passer un cap ?
Le Covid nous a fait mal alors que nous étions en pleine croissance. La piste avait le vent en poupe. Mais depuis le Covid, nous n’avons pas retrouvé ces pistards qui ont pâti de la fermeture des vélodromes. Les parents ont également peur de mettre leurs enfants sur la route. On est sur le domaine public et ce n’est pas simple d’offrir un circuit qui puisse servir à peaufiner les réglages sur route.
Les courses sont de plus en plus difficiles a organiser, est-ce un problème ?
Les chiffres sont parlants. Entre 2010 et 2025, nous avons vu disparaître 50% des courses. Organiser une course est très difficile car il faut trouver des bénévoles, assurer la sécurité avec les pouvoirs publics. Le coût financier pour une organisation est aussi assez lourd. Et puis, les subventions ne sont pas suffisantes. Le Tour de Gironde qui est organisé chaque année bénéficie de 5000 euros de subvention tandis que le Tour du Poitou-Charentes, qui a juste une classe de plus que nous dans la classification des courses cyclistes se voient attribuer 180 000 euros de subventions. Quant au Tour du Limousin, il peut compter sur 300 000 euros. Nous ne pouvons pas rivaliser. Pour ma part, j’avais le projet de relancer le critérium de Bordeaux. De 2019 à 2022, j’ai acté un créneau à la Fédération pour réserver une date à raison de 1 000 euros par an. Et bien, il a été impossible d’obtenir un accord avec les pouvoirs publics pour faire renaître ce critérium.
La Gironde est-elle une terre de cyclisme ?
Non, Bordeaux et la Gironde ne sont pas une terre de sport, du moins de cyclisme. C’est dommage car la Gironde se classe premier département de France en terme de comités. Il existe 80 comités départementaux chez nous. Mais nous sommes sur une terre de football et de rugby et il est difficile d’exister à côté.
Quels vont quand même être les grands événements de 2025?
Plusieurs moments forts vont marquer cette saison 2025. La saison va débuter dès le 2 mars avec le Grand Prix de Saint-Aubin-du-Médoc. Nous allons ensuite organiser deux courses fédérales juniors, à savoir le Tour de Gironde le 8 mai et le Tour de Cardassac le 31 mai. Nous accueillerons également le championnat de France master piste à Bordeaux Lac du 19 au 22 mai, tout comme le championnat de France des pompiers du 31 mai au 1er juin. Enfin, le 8 août aura lieu le traditionnel critérium de Saint-Seurin-sur l’Isle
Comment voyez-vous cette saison 2025?
Je vois toujours le verre à moitié plein, je suis assez optimiste. 2024 a été assez intense avec les Jeux Olympiques et nous rentrons dans une année post-olympique qui marque généralement un petit flottement avec des échéances qui sont lointaines.
Par contre, je m’inquiète des subventions qui sont en train d’être gelées. La partie sociale pourrait être touchée et ce n’est jamais bon.
Vincent Ferrandon