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RECONVERSION RÉUSSIE
POUR ÉMILIEN GOUALA

Champion de France de Muay Thai catégorie senior B -75 kg le week-end dernier à Nogent-sur-Oise, Émilien Gouala connait une ascension fulgurante lui qui il y a encore deux ans foulait les terrains de football de la Gironde.

Il a trouvé sa voie. Et pourtant, Émilien Gouala est arrivé sur le tard en Muay Thai après une carrière dans le football ,notamment du côté du RC Chambéry, puis du BEC où il termine sa carrière en 2024. De quoi livrer un bilan sur son expérience dans le football : « Le foot est un sport multifactoriel, complexe où il ne suffit pas d’être bon pour jouer. Bien sûr, l’entraîneur compte mais il y a aussi le collectif, le système de jeu, le poste, la concurrence, les objectifs etc… Il faut avoir un environnement qui soit propice à notre évolution, ce qui n’est pas facile à trouver et d’une année sur l’autre, tout peut changer.»

C’est lors d’un stage d’aïkido qu’il se découvre une véritable passion pour ce sport « À la base, je voulais apprendre à manier les armes et explorer d’autres sensations. J’ai eu la chance de pouvoir faire un stage d’aïkido avec Léo Tamaki, il m’a félicité pour mon niveau et m’a encouragé à explorer ma voie. J’aime pouvoir être assez libre, j’aime bien avoir une bonne condition physique, j’aime le contact et rester debout. J’avais donc le choix entre le kickboxing, la boxe anglaise et la boxe thaïlandaise. J’ai un peu essayé les trois début 2024 et dès que j’ai fini mon engagement avec le BEC, je suis parti en boxe thaï. Je trouve que c’est une discipline qui correspond à mon style de jeu, beaucoup de liberté, beaucoup de contact et une bonne condition physique. C’est aussi une discipline où il y a toutes les distances de combat mais surtout on peut se servir des 8 membres ( poings, coudes, genoux, pieds). »

Malgré cela, le trentenaire est encore dans la découverte de sensations dans ce sport de combat débuté depuis 2 ans, tout en allant à son rythme malgré un potentiel de facilité : « Je suis en pleine découverte d’un nouveau sport, d’un nouveau monde en quelque sorte. C’est ma deuxième année de pratique, j’ai 33 ans, j’avance petit à petit, en fonction du temps et de l’envie que je peux y mettre. Je me projette simplement sur l’année en cours et ensuite on voit comment on peut se challenger. L’année dernière, j’avais fait vice champion de France dans une fédération (AFMT), donc cette année l’objectif c’était d’essayer d’être champion des deux fédérations (FFKMDA et AFMT). »

Pour le nouveau champion de France,  chaque confrontation est un nouveau test avec des physiques différents, des forces différentes et des combattants aguerris de plusieurs années voir décennies « Je n’ai pas rencontré tout le monde donc je peux pas dire, mais je n’ai eu aucun combat facile en championnat de France. À chaque confrontation c’est une nouvelle problématique, des physiques différents, on combat plusieurs fois dans la journée donc la fatigue entre en jeu tout comme les blessures qu’on cumule. Je sais que mes adversaires s’entraînent beaucoup, la majorité depuis plus longtemps que moi, je me sers de mon expérience du foot et du sport en général pour essayer de rattraper au mieux le retard. Je fais attention à mon alimentation grâce à ma femme qui est diététicienne (84,5kg début 2024, je combats en -75kg cette année). Mais surtout je suis dans une bonne structure (Art martiaux Pessac Madran), je m’entends bien avec le coach (Dylan) ainsi qu’avec les autres adhérents. Pour moi, c’est un environnement stimulant. Je garde en tête que si la différence de niveau est trop élevé, un round peu vraiment sembler très très long. »

La France est en pleine boom d’adhésion aux sports combats surtout pour les anciens sportifs qui cherchent des nouveaux terrains de jeux « Je n’y suis pas depuis longtemps mais j’ai l’impression que les sports de combats (notamment le MMA) attirent d’autres disciplines de combats et aussi des anciens pratiquants de sport collectifs (en amateur). Je pense que l’aspect athlétique y est bien plus présent dans le sens où l’entraînement physique est largement plus complet et absolument nécessaire. Sur un ring, ou dans une cage, tu ne peux compter que sur toi et sur les indications que te donne ton coach, donc il faut que tu sois le mieux préparé possible. »

Côté similitudes avec le football,  Émilien parvient à voir des parallèles : « Le foot est un sport à impact et de confrontations aussi, à moindre mesure bien sûr mais quand même. Donc la partie préparation mentale aux chocs physiques est un peu similaire. Tu sais que tu vas prendre des coups, qu’il va falloir serrer les dents, te battre pour être en position favorable et même si tu n’as plus de jus, ton adversaire direct c’est à toi de le tenir. Côté physique, il n’y a pas tellement de similitudes au niveau des gestes mais je me demande si Roberto Carlos aurait eu de bons kicks!»

Alex Cazenave

Crédit photo : Alex Cazenave

 

 

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