UN HÉRITAGE
FAMILIAL PERPÉTUÉ
Attaquant-réceptionneur de Saint-Jean d’Illac en Ligue B, Lohan Lefaivre suit les traces d’un paternel qui a connu une très belle carrière dans le volley.
Dépasser le père. Tel est le petit défi que se fixe gentiment Lohan Lefaivre, de retour cette saison dans les rangs de l’Abeille Girondine ASI. Un challenge loin d’être évident au regard du pedigree de David, le paternel : « Mon père a joué à haut niveau en Martinique. Il était même le capitaine de l’équipe de Martinique. Aujourd’hui, il continue de jouer à 52 ans. Il ne veut pas arrêter et lorgne même sur le beach. »
Le sourire veut tout dire. La compétition entre le père et le fils se situe sur le mode bon enfant. Ce qui n’empêche pas l’ambition. Et de l’ambition, le rejeton en a à revendre : « A 14 ans, j’ai quitté la Martinique pour le pôle de Bordeaux. Mon départ vers la Gironde s’est fait un peu par hasard. Je n’avais pas été pris dans des pôles et lors d’une rencontre UNSS, le coach adverse m’a alors repéré et pris contact avec un entraîneur de Bordeaux qu’il connaissait. Ma venue s’est faite comme ça. Je n’ai pas hésité, j’avais tellement envie de réussir dans le sport et le volley que je suis parti sans problème malgré mon jeune âge. »
Une parfaite inspiration au regard des progrès de Lohan qui intègre ensuite France Avenir à Montpellier pour deux saisons avant de reposer ses valises en Gironde. « J’ai signé à Saint-Jean d’Illac. La première saison j’ai vécu la montée en Ligue A. Mais je suis ensuite parti en cours de saison suivante. Je ne suis rentré qu’une fois en Ligue A. J’avais besoin de jouer, de m’épanouir. »
Direction Reims en cours de saison pour le martiniquais d’1,90 m avant deux saisons à Chaumont. Une destination que l’attaquant-réceptionneur n’est pas près d’oublier : « J’y ai repris goût au volley. J’ai adoré jouer à Chaumont. J’y ai réalisé des progrès dans mon jeu, ça m’a boosté. Et puis, j’ai pu découvrir la coupe d’Europe. C’est une expérience inoubliable. »
A 22 ans pourtant, Lohan doit choisir cet été entre rester au sein du club de Ligue A ou redescendre d’un niveau avec la proposition d’un retour à Illac. La deuxième solution emporte son adhésion : « A mon âge, j’ai envie de jouer, d’être important pour mon équipe. C’est le projet présenté par le club. Et puis, je connaissais tout le monde dans l’équipe ainsi que Romain Sellier, le nouveau coach. Ça m’a permis de m’éviter un temps d’adaptation. Aujourd’hui, j’ai la chance d’être titulaire et ça me convient parfaitement. Je veux avant tout prendre du plaisir car le principal est de jouer. »
Un joueur en pleine confiance qui permet aux siens de vivre une saison encourageante avec une sixième place actuelle. Un Lohan qui se présente lui-même comme « un leader de performance. J’aime tirer mon équipe mais mon équipe m’aide aussi en réception. »
Un groupe qui peut compter sur la détente de son numéro 5. Un numéro familial : « Chez moi, on joue au volley. Le 5 correspond au numéro de rue de ma grand-mère en Martinique. Dans la famille, on joue tous avec le 5. »
Un 5 qui entend ne pas s’arrêter en si bon chemin : « Retrouver la Ligue A est un objectif. Mais seulement si c’est pour jouer. Pour le moment, j’ai trouvé ce qu’il me fallait à Illac. Je suis bien. »
A l’ASI d’en profiter.
Vincent Ferrandon
Crédit photo : Sports33.fr


