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LE PESSACAIS A BIEN GRANDI

Lucas Blanc, l’ailier de l’USON Nevers en Pro D2, réalise une carrière en tous points remarquables. Ce qui ne l’empêche pas de garder un oeil sur son club formateur de Pessac qu’il pourrait bien retrouver une fois son beau parcours en ovalie terminé.

Il n’a pas oublié ses racines. Et vu le caractère de Lucas Blanc, le contraire aurait été étonnant. L’ailier de l’USON Nevers en ProD2 parle de ses débuts chez lui à Pessac avec toujours cette lumière dans les yeux : « J’ai chaussé mes premiers crampons à l’âge de 3-4 ans. Mon père, qui est devenu le président du Pessac Rugby, pratiquait. Mon grand-père était aussi très impliqué dans le ballon ovale. Le rugby, c’est une histoire de famille. »

Le sport, la passion et le plaisir de jouer anime alors le jeune Lucas qui effectue ses premiers pas dans son fief pessacais. De quoi montrer des aptitudes qui vont vite attirer les regards au delà des limites de la commune : « Mes parents avaient entendu que le lycée Victor-Louis à Talence organisait des détections pour les pré-filières. J’ai tenté ma chance. »

 Naturellement Lucas passe les tests sans souci. Une première étape dans l’ascension d’un joueur qui n’aime pas vraiment se mettre en avant. Mais sa discrétion et son envie de se fondre dans le groupe en prennent un coup. Car le jeune Lucas attire la lumière et les regards : « Je suis parti à Bègles dans un club de niveau A. En Gironde, c’était le choix naturel. J’ai alors porté les couleurs du CABBG comme il se nommait à l’époque. »  Une bonne pioche qui débouche sur une belle moisson avec un titre de champion de France minimes : « Cela peut paraître anecdotique mais c’est un titre et j’y suis attaché. Et puis, j’ai retrouvé une famille à Bègles. Je m’y suis épanoui. Mon passage là-bas fut très important.»

Une progression qui s’accompagne par l’entrée au pôle espoir de Talence puis au pôle France. S’en suivent des capes avec les Bleus en U18 et U20 avec des participations à deux coupes du monde de cette catégorie mais aussi à deux tournois des Six Nations U20. Des sélections qui s’accumulent avant une montée en puissance sous les couleurs de l’UBB. Une expérience qui va cependant tourner court : « Je n’ai disputé que trois matchs de coupe d’Europe avec l’équipe première. En fin de saison, Laurent Marty m’a dit que l’avenir à mon poste était bouché. Je ne lui en veux pas. » 

Lucas part alors pour poursuivre la pratique de son sport à haut niveau. « Je suis parti de l’UBB avec un titre de champion de France espoirs » se félicite-t-il quand même.

Lucas prend alors la direction d’Albi pour une vraie plongée dans le rugby pro. « J’y ai découvert une grosse concurrence. A mon poste, les namibiens, les fidjiens règnent. Il a fallu s’accrocher mais j’ai la satisfaction d’avoir jouer toute la fin de saison. »

Assez pour intéresser l’USON Nevers. Le club bourguignon attire l’ailier dans ses filets. Un mariage gagnant pour les deux parties : « Nevers, c’est une vraie opportunité. Le projet était vraiment intéressant, les infrastructures parfaites. Je n’ai pas hésité. »

Une belle inspiration car depuis, Lucas Blanc n’a plus bougé. Voici neuf ans qu’il porte désormais les couleurs du club en ProD2, faisant de lui, l’un des éléments de base de l’équipe : « Je suis bien à Nevers. Je suis un homme de parole, fidèle. J’ai beau être bordelais et je le resterai toujours, je suis aussi maintenant un bourguignon d’adoption. »

Un club qui colle parfaitement aux caractéristiques de Lucas, humble, travailleur et ne faisant pas de vagues : « Je suis quelqu’un de loyal. Je pense que ça se ressent dans mon jeu, je ne triche jamais. Je suis un besogneux, un joueur de l’ombre mais qui travaille toujours en pensant collectif. »

Un joueur qui a manqué à son club. La saison dernière a ainsi été marquée par des gros pépins avec une rupture des ligaments croisés et un ménisque en vrac. Des blessures qui ont perduré cette saison : « Je reviens tout juste de trois mois à l’infirmerie en raison d’un ischio. Je viens de revenir, ça fait du bien. »

A 30 ans, le pessacais espère bien vivre une fin de saison tout feu tout flamme. Actuelle septième de ProD2, son équipe pourrait espérer accrocher les phases finales. Un objectif pour Lucas qui a déjà prévu la suite. Dans quelques années, une fois ma carrière pro terminée, pourquoi ne pas boucler la boucle et aider le Pessac Rugby, prendre du plaisir avec les copains et apporter mon expérience. »

L’idée devrait faire son chemin.

Vincent Ferrandon

Crédit photo : USON Nevers

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