LE FAISEUR D’AMBIANCE
Au delà des sportives et sportifs qui font vivre le sport par leurs exploits, régulièrement, sports33.fr vous présentera également les acteurs du sport, ceux qui font vivre la pratique sportive au quotidien pour la rendre plus belle. Un leitmotiv qui anime Alain Bertoni.
Il vit sa passion. En Gironde ou ailleurs, il enrobe les compétitions sportives qui seraient bien ternes sans ces hommes voix. Les MC (Maîtres de Cérémonies) font ainsi pleinement partie du spectacle et du sport comme le confirme Alain Bertoni, micro en main : « Nous faisons partie de l’histoire d’un match, proches des bancs et de la pelouse. On a vraiment l’impression de vivre une quelque chose de fort, de faire partie du paysage d’un match. »
Un métier certes mais aussi une passion pour ce fana de sport : « Je travaille sur diverses disciplines sportives mais si je le pouvais, je plongerai à fond dedans. On apprend énormément en côtoyant le monde du sport et j’adore ça. »
Un métier de Maître de Cérémonie qui a acquis récemment ses lettres de noblesse dans le fracas : « Notre profession s’est vraiment crédibilisée le 13 novembre 2015, le soir des attentats à Paris. L’ex MC de l’équipe de France avait ce soir là distillé toutes les informations nécessaires aux spectateurs du Stade de France à l’issue de la rencontre France-Allemagne visée par les terroristes. Il avait relayé le message du préfet, donné les bonnes infos aux bons moments. A partir de ce jour, les équipes ont compris qu’il fallait des professionnels aux micros. C’est devenu un vrai métier. »
A tel point que les Maîtres de Cérémonies se sont regroupés au sein de l’association ASMC Europe (Associations des Speakers et Maîtres de Cérémonies) qui a vu le jour en 2018 et qui est labellisée auprès de nombreuses fédérations. Car ce métier passion exige aussi compétence et investissement : « Un match se prépare en amont. On collecte les enjeux, on collabore avec les clubs pour respecter leurs demandes, ils me donnent un déroulé avec un support écrit. Le jour du match, j’aime aussi arriver trois heures à l’avance afin de m’imprégner de l’atmosphère et faire monter l’ambiance lors de l’avant-match, un moment que je juge très important. »
Une facette qui permet à Alain Bertoni d’avoir plusieurs cordes à son arc. Au micro au Matmut Atlantique en alternance avec Eric Dagrant, quand celui-ci est indisponible, pour les matchs des Girondins de Bordeaux, le MC a aussi animé la fan zone de Bordeaux lors de l’Euro 2016 avec des jauges à 58 000 personnes mais aussi pendant dix-neuf jours le village rugby durant la coupe du monde à l’automne 2023, la coupe du monde féminine de 2019, sans oublier des évènements comme le Lacanau Pro ou la médocaine de VTT : « J’aime le sport dans sa globalité. Je prends autant de plaisir sur un gros match que sur des compétitions plus modestes ou une course pédestre car le fil conducteur reste la performance, peu importe le niveau. J’aime le côté fête du sport, cette communion qui peut exister entre les spectateurs lors d’une rencontre. »
Mais pour Alain, l’année 2024 restera spéciale, gravée à tout jamais dans sa mémoire avec des évènements majeurs qu’il a vécu pleinement : « J’ai passé une année olympique extraordinaire et inoubliable. Ça a commencé avec le passage de la flamme olympique à l’hippodrome du Bouscat et la journée s’est poursuivie avec l’arrivée de la flamme à Pessac qui a achevé un long parcours dans la ville. Etre au micro pour ces moments de joie est indescriptible. Mais mon temps fort reste les Jeux Olympiques eux-mêmes. J’ai eu la chance d’animer les matchs de football qui se déroulaient à Bordeaux du 20 juillet au 4 août. Au total, cela a représenté sept rencontres au Matmut dont le dernier, un quart de finale gagné par la France face à l’Argentine. C’était l’apothéose et je n’oublierai jamais ces moments. Tout était réuni. Bordeaux, le stade rempli, le côté sportif et le côté grand fête. Quel bonheur.»
Pour autant, le rêve pourrait bien se poursuivre pour un Alain Bertoni qui regarde à l’horizon : « Je vise les JO d’hiver 2030 qui auront lieu dans les Alpes. Moi qui suis originaire de cette région, j’aimerais faire partie de l’aventure. »
Et prolonger encore un peu plus le rêve.
Vincent Ferrandon