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« J’AI L’HABITUDE D’UN RYTHME SOUTENU »

Tous les vendredis, sports33.fr propose une grande interview d’une actrice ou d’un acteur du sport en Gironde. Dirigeants, entraîneur(e), joueur(se)s, sportives ou sportifs girondins, présentent leurs visions et leurs ressentis. Aujourd’hui, Talété Adoum, la meneuse du BEC basket, qui a obtenu son accession en NF2 cette saison tout en menant une riche carrière professionnelle dans un secteur d’activité totalement différent.

Elle a connu une riche carrière qui s’allonge avec la montée du BEC en NF2. Si Talété Adoum a décidé de prendre un peu de recul cette saison, elle n’en demeure pas moins très proche de l’équipe bordelaise. Une pratique du basket que la chef d’entreprise a appris à combiner avec d’autres fonctions énergivores.

Votre club du BEC est monté en NF2 cette saison. Avez-vous senti qu’il s’agissait d’un aboutissement pour l’équipe?

On attendait cette montée du côté du club. Nous avions terminé deuxième l’année précédente, nous étions proches et cette fois, l’objectif était vraiment d’accéder à la N2. C’est un premier aboutissement pour le groupe et le club.

Vous avez décidé de vous mettre un peu en retrait cette année et de dépanner l’équipe en cas de besoin. L’envie de poursuivre le basket est la plus forte?

Je n’ai pas le temps nécessaire pour m’investir pleinement. En N2, il faut un nombre d’entraînements à respecter si on veut garder un bon niveau. Et comme je suis quelqu’un qui s’implique toujours pleinement, je ne voyais pas faire les choses à moitié. Par contre, je n’ai pas envie d’arrêter complètement. Tant que je peux faire du sport, je le fais et j’ai trouvé qu’il s’agissait d’un bon compromis d’être là en cas de besoin. 

Vous occupez un poste à responsabilité dans la vie professionnelle avec vos fonctions d’ingénieure concepteur-développeur après un master 2 de chimie mais aussi avec la création de Talcosmétiques, un laboratoire de cosmétiques avec des produits naturels proches de l’environnement. Vous êtes aussi mère de famille. Comment gère-t-on son temps ?

J’ai créé Talcosmétiques, un laboratoire de cosmétique. Avec mon travail, cela me prend beaucoup de temps mais je sais ce que c’est. Lorsque j’ai débuté à haut niveau dans le Nord, j’étais dans le même temps étudiante en chimie. J’ai l’habitude d’un rythme soutenu et j’ai continué sur ce chemin, même aujourd’hui à 38 ans. Je suis aussi maman d’une fille de 8 ans et il est normal de lui réserver du temps. Mais disons que je tiens au mental je pense. Je sais aussi écouter mon corps.

Dans votre situation, doit-on faire des choix à certains moments?

Oui, évidemment, c’est obligé. Je me suis mise un peu en retrait de l’équipe cette année mais je fais partie de l’effectif. J’ai besoin de cet esprit de compétition, de cet engagement important. Mais encore une fois, il faut s’organiser. Le fait d’être une sportive de haut niveau aide à gérer son temps.

En 2018, vous avez décidé de mettre le basket un peu entre parenthèse tout en y revenant régulièrement. Ce sport fait-il partie de votre équilibre?

Je ne peux pas ne pas faire de sport, c’est très important pour moi. J’aime la symbiose du sport collectif. Nous faisons une activité ensemble, ça booste et ça permet de ne jamais lâcher les choses.

Que représente le sport et le basket dans votre vie?

J’ai une relation un peu compliquée avec le basket. C’est avant tout ma passion. Plus jeune, je voulais être pro mais les études ont pris le dessus. J’ai préféré assuré mes arrières plutôt qu’une aléatoire carrière professionnelle. J’ai donc été semi-pro. Mais le basket m’a fait grandir toute ma vie. Il m’a permis de suivre mon chemin, de mener des études difficiles tout en prenant du plaisir à jouer. Mais je ressens aussi comme un échec concernant le basket, c’est difficile de le caractériser car je ne pouvais pas mener de front études et carrière pro.

La place du sport féminin et le basket féminin est-elle de plus en plus importante ou des efforts sont-ils encore à faire pour le valoriser?

Même si c’est en train d’évoluer, il reste encore du boulot, il reste encore beaucoup à faire. Il n’est pas facile de voir du basket féminin à la télé, ce ne sont pas les mêmes montants de droits, on voit moins de matchs. Et puis, même si c’est un peu plus médiatisé quand même qu’il y a quelques années, des gens ont encore un certain regard discriminant. Mais bon, le basket féminin n’a pas les mêmes caractéristiques que le basket masculin. Ça il faut que les gens dans les tribunes le comprennent.

Vous êtes un élément d’expérience. La transmission est-elle importante dans votre esprit?

Pour moi, c’est un aspect essentiel. J’étais la meneuse de l’équipe l’an dernier. J’ai pu être dure avec certaines joueuses mais c’était pour leurs biens, pour qu’elle prenne en vécu, en expérience. Je veux aussi montrer aux plus jeunes qu’il faut travailler, ne jamais rien relâcher. Je tente de donner le maximum de conseils.

Une fois votre carrière terminée, resterez-vous dans le milieu du sport et du basket?

Je ne pense pas. Ma fille est déjà une sportive, elle pratique différentes disciplines dont le basket. J’espère qu’elle continuera dans cette voie. Dans le futur, je suivrai ma fille, je lui donnerai des conseils. Jela coache de temps en temps avec son équipe des U9. Je resterai dans le sport de cette manière mais personnellement, je ne me vois pas m’impliquer au sein d’un club ou auprès d’une équipe.

Vincent Ferrandon

Crédit photo : Sports33.fr

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