« COACHER, C’EST LA CHOSE LA PLUS DIFFICILE »
Tous les vendredis dorénavant, sports33.fr vous proposera une grande interview d’une actrice ou d’un acteur du sport en Gironde. Dirigeants, entraîneur(e), joueur(se)s, présenteront leurs visions et leurs ressentis. Aujourd’hui, Jean-Yves Jannin, coach de l’AS Tresses en Prénationale basket nous présente sa vision et son rôle.
Entraîneur de l’AS Tresses depuis quatre ans, club qu’il a fait monter en NM3 voici deux ans, Jean-Yves Jannin peut se targuer d’une expérience de 35 ans sur un banc. A 53 ans, le technicien prend toujours autant de plaisir à encadrer son équipe à l’heure de la reprise du championnat ce week-end.
La saison de votre équipe recommence samedi. Dans quel état d’esprit êtes-vous, toujours aussi enthousiaste ou avec l’expérience, les débuts de saison se ressemblent?
En sport, rien ne se ressemble. Ce n’est jamais pareil, les saisons sont jamais identiques. En plus, nous venons de renouveler notre effectif à 50 %. On repart de zéro, ça ne va pas être simple. Ça illustre le fait qu’il n’existe pas de routine, une saison en sport n’est jamais prévisible. Et puis, l’on se renouvèle sans cesse, on apprend, les stratégies sont différentes. J’ai la chance d’avoir un groupe extraordinaire qui continue de progresser.
Votre équipe de l’AS Tresses a été reléguée cette saison en Prénationale. Quel discours adopter pour rebondir?
Le but est de remplir les objectifs fixés par les dirigeants. Un coach est également là pour faire progresser les joueurs individuellement et collectivement. Après, je pense que le discours technico-tactique doit rester le même. Le discours doit par contre bouger en fonction de ce que peuvent encaisser les joueurs.
Quel est le secret pour durer sur un banc de touche?
J’entame ma quatrième saison sur celui de l’AS Tresses. Durer, c’est très difficile. Il faut un peu de chance, un groupe sain aussi, des dirigeants, un président qui comprennent les enjeux d’un coach. Mais pour durer, il faut de la chance, de l’expérience et un peu de compétences aussi.
Vous avez un groupe jeune, faut-il être un peu un papa pour ce groupe ou mettez-vous une distance?
Il n’est pas simple de mettre la bonne distance, de mettre en oeuvre la solution. Je dispose d’un groupe jeune. L’effectif est âgé de moins de 25 ans pour 70% de mes joueurs. De part ma personnalité, j’essaye d’être proche des joueurs mais pas trop. Il faut trouver la bonne distance. Le tout est de pouvoir parler à tous les membres du groupe en toute sincérité.
Le plus important est de s’entendre avec ses dirigeants ou avec ses joueurs?
Le plus important est de s’entraider tous ensemble. Un coach doit comprendre quels sont les enjeux pour les dirigeants et doit être capable de communiquer avec les joueurs. Un entraîneur doit pouvoir transmettre sa vision et une ligne directrice. C’est une mission passionnante.
Dans une structure au niveau régional, un entraîneur doit-il être multi tâches?
J’ai la chance d’évoluer au sein d’un club très bien structuré. L’AS Tresses me facilite la tache au quotidien. Le club fait ce qu’il doit faire. Avec mon adjoint, nous ne nous préoccupons que de l’aspect terrain.
Quel est la part de souffrance et de joie dans le coaching?
Les souffrances et les interrogations font partie de mon quotidien. Coacher, c’est la chose la plus difficile. C’est sans doute pour ça que personne ne veut le faire. C’est effectivement beaucoup de souffrances, de solitudes, de remises en question. Les moments de joie ne sont pas si nombreux mais quand ils arrivent c’est extraordinaire, c’est un sentiment intense. Atteindre un objectif comme notre montée en NM3 voici deux saisons, ça reste gravé. On vit un grand moment collectif, les liens sont forts entre nous. Mais la joie peut aussi provenir de conversations profondes, de voir des spectateurs heureux dans les tribunes.
Tresses est un club familial, vous verriez-vous dans une structure plus impersonnelle?
A Tresses, je me sens entouré, apprécié, respecté. Le club a réussi à allier structure sportive avancée avec ce côté familial qui perdure. C’est un endroit que j’aime, où je me sens bien. J’aime passer du temps avec les joueurs, j’aime les faire progresser, j’aime sentir que je grandis moi-même. J’ai trouvé l’endroit idéal.
Quand on est entraîneur, quel est le maître mot?
Travailler, s’entrainer, répéter, progresser. Ces mots résument ma mission principale. Le but est d’atteindre le meilleur de soi-même, de tout mettre en oeuvre pour atteindre notre objectif.
Propos recueillis par Vincent Ferrandon
Crédit photo : Sports33.fr


