LE BON ROUAGE DES JSA
Fidèle aux JSA Bordeaux depuis trois décennies, Hugo Fargier continue de tenir sa place au sein de l’équipe de N2. Un rôle qui va bien au-delà du simple terrain.
Ils sont indissociables. Hugo Fargier et les JSA Bordeaux, c’est une histoire qui dure. Une fidélité exceptionnelle qui représente même une rareté dans le monde du sport : « Lorsque je suis arrivé en France à 17 ans après avoir suivi mes parents médecins en Afrique toute ma jeunesse, j’ai débarqué en Gironde et à Bordeaux où ma mère avait des connaissances. A la base, je voulais faire du hand. J’ai alors poussé la porte de la salle Maître Jean, persuadé que le club de handball jouait là. En fait, c’était le volley qui était implanté ici. J’ai du coup débuté comme ça dans cette discipline et aux JSA. »
A 48 ans aujourd’hui, Hugo n’a plus voulu bougé même s’il a connu des expériences à Mérignac, à Blanquefort où à Nantes. Mais les JSA n’étaient jamais loin de lui. Pendant ces années passées ailleurs, j’ai tenu a garder une licence au club. Pourtant, j’ai même occupé les fonctions de président à Blanquefort, qui représente mon autre club de coeur. Mais je n’ai jamais voulu couper le lien avec les JSA que j’ai définitivement rejoint en 2004-2005. »
Le natif de Lyon a ainsi tout connu avec les Jaune et Noir. Quitte a laisser de côté certains contacts : « j’ai eu des propositions pour jouer au dessus de la N2 à l’époque. Mais bon, ça ne correspondait pas à mon style de vie. J’étais implanté à Bordeaux avec ma famille, je ne me voyais pas tout quitter pour un éventuel contrat qui ne m’aurait pas permis de vivre du volley. »
Aucun regret n’émerge de la voix de l’informaticien qui gère les systèmes de réservation du groupe Accor. Une absence de remords d’autant plus prégnante qu’Hugo s’est toujours épanoui au sein du club bordelais : « Nous sommes une bande de potes. J’aime jouer au sein de l’équipe. Je suis un gagneur, un hargneux, un râleur aussi. Je n’aime pas perdre. Et puis, plus le match à de l’enjeu, plus la tension existe, plus ça me plait. »
Un investissement qui a même poussé l’attaquant « mais j’aime aussi être à la passe » a opter pendant plusieurs saisons pour un rôle d’entraîneur-joueur. Un poste qu’il a préféré quitter cet été, laissant sa place sur le banc à Stephanie Célarié : « Ça faisait plusieurs saisons que j’étais coach mais je pense qu’un entraîneur doit changer au bout d’un moment pour tenir un autre discours au groupe. Et puis, je ne voulais pas qu’au bout d’un moment mon message ne passe plus. Je suis de la vieille école, je suis exigeant et je ne voulais pas que mes potes me voient de façon différente, qu’ils ne me supportent plus et que moi je ne les supporte plus. Le fait d’être redevenu simple joueur représente un soulagement. »
Hugo a quand même gardé des prérogatives en tant que technicien au sein du club, notamment au chevet des équipes de jeunes : « J’ai plus un rôle de manager général pour avoir une vision d’ensemble du club, ça me plait bien » avance celui qui a également vécu une expérience nationale en devenant adjoint d’Emile Rousseaux auprès de l’équipe de France féminine durant la saison 2023-2024 : « J’ai beaucoup appris durant cette saison passée auprès de la sélection qui préparait les JO 2024 de Paris et auprès d’un coach comme Emile Rousseaux qui est un exemple pour moi. Cela me sert au quotidien aujourd’hui.»
Un discours qui passe aussi par la maison. Car entre le volley et les Fargier, l’histoire est loin d’être terminée. Emma, 15 ans, fait ainsi partie intégrante de l’équipe première des JSA qui caracole en tête de sa poule de N2 tandis que Loan, le fiston, encore joueur au club la saison dernière, excelle aux Etats-Unis depuis cette saison : « Il a même gagné les quarts de finale des play-offs au niveau national avec son club » avance fièrement le papa.
La dynastie n’est pas prête de s’arrêter.
Vincent Ferrandon
Crédit photo : Sports33.fr


