LES ENVIES D’ESPACE DE CIDGIE
Malgré un temps de jeu réduit cette saison, l’arrière droite Cidgie Leroux fait partie des cadres du Stade Pessacais en D2. Une expérience précieuse pour son équipe.
L’explosion de joie n’était pas feinte. En inscrivant le but vainqueur de son équipe à quinze secondes du gong final lors du derby de Gironde face à Bègles, mercredi dernier (24-25), Cidgie Leroux a laissé échapper un réel soulagement. Car la saison de l’arrière-droite s’avère frustrante : « Je suis un peu la doublure de Luciana Mendoza. C’est une joueuse que j’apprécie beaucoup, auprès de laquelle j’apprends énormément mais c’est vrai que je joue moins cette saison. C’est une saison difficile individuellement et collectivement aussi avec nos résultats. Mais je suis à l’aise dans ce club, dans ma vie. J’apprécie. Ça fait trois ans maintenant que je suis au SPUC, je m’y sens très bien et j’y ai mes habitudes.»
Pas de quoi donc faire baisser les bras d’une Cidgie qui a du surmonter quelques coups dur au cours de sa carrière comme cette rupture des ligaments survenue au pire des moments : « Après des débuts en région parisienne chez moi, une formation à Cergy-Pontoise et quatre années au pôle espoir de Chatenay, je suis partie à Toulon poursuivre ma progression. Mais rapidement, je me suis blessée. Le club varois a préféré suspendre le contrat. Je suis rentrée sans rien chez moi. C’est à ce moment que j’ai pris conscience que tout peut s’arrêter rapidement en sport. Heureusement Toulon m’a reprise une fois rétablie. »
S’en est suivi trois années pleines dans le Var avant un départ pour Rennes-St Grégoire en D2 où le temps de jeu de la parisienne s’avère important : « J’ai apprécié ces deux années en Bretagne. » Cidgie y progresse, s’épanouie dans un contexte idéal. Des aptitudes qui attirent alors le Stade Pessacais tout juste promu en D2 à l’été 2024.
Depuis, la numéro 99, un chiffre qui correspond à son année de naissance, a su imposer son style et son caractère enjoué au sein du collectif des Violettes : « J’aime bien rire, je suis extravertie, on m’entend un peu » sourit-elle. Des qualités hors terrains qui n’occultent pas l’apport de Cidgie lors des matchs de son équipe. Des prestations qui se remarquent également : « Je suis une joueuse de percussion, qui aime bien aller dans les intervalles, les espaces. Et comme j’ai courir, je fais profiter mon équipe de mon jeu rapide. Et puis, j’avoue mettre de la malice dans mon jeu. »
Un jeu qui ne cesse de se perfectionner au fil des années et de l’expérience accumulées par ces années au haut niveau.
A 26 ans, Cidgie Leroux entend tout donner maintenant que ses études sont derrière elle : « Je viens de terminer mon master en droit du travail. A Pessac, j’ai le statut semi-pro mais en attendant de trouver un poste, je suis surveillante dans un collège de la ville. J’en ai besoin, ça permet aussi de s’aérer par rapport au handball, je sens que j’ai besoin de cet espace hors sport. Pour autant, je ne rêve pas d’aller jouer à l’étage du dessus. Si c’est pour avoir un temps de jeu réduit, ça ne m’intéresse pas, je préfère jouer en D2 et me sentir bien dans ma vie de tous les jours. »
Un équilibre qui fait avancer Cidgie dans la bonne direction.
Vincent Ferrandon
Crédit photo : Luka Fayon


