SHEILA AIME LE JEU
Après avoir connu le haut niveau en Espagne, la demi-centre Sheila Segura-Grau est devenue un des piliers de Pessac en D2 tout en continuant à prioriser un aspect particulier de son jeu.
Elle maîtrise son terrain de jeu. Pessacaise depuis six saisons, Sheila Segura-Grau fait partie des piliers de l’équipe de D2. Un apport important pour un groupe actuellement huitième au classement et qui sait pouvoir compter sur sa demi-centre. Une joueuse influente et qui amène toute son expérience du haut niveau à une équipe dont elle est très attachée : « Cela fait un moment que je suis au club, j’y ai trouvé mon équilibre et mes marques. »
Un long bail qui était loin de constituer une évidence pour Sheila qui a débuté le sport dans sa région de Valence en Espagne. Tournée naturellement très rapidement vers le handball, la joueuse en herbe gravit les échelons jusqu’à se retrouver en D1 espagnole du côté d’Elda Prestigio, du Valencia Aicequip ou Canyamelar. Un Graal atteint mais Sheila veut vivre autre chose et choisit l’expatriation.
Direction la France et La Rochelle en 2016 : « Il s’agissait d’un véritable challenge. Je ne parlais pas du tout le français, je découvrais ce championnat de D2, j’avais accepté de descendre d’une division aussi. Mais je voulais découvrir une autre culture handballistique » dit-elle dans un français parfaitement maîtrisé avec une pointe d’accent.
Autant de contraintes dont Sheila fait fi. S’en suivent quatre saisons pleines qui attirent de nombreux clubs. Le choix de la valencianne se porte alors sur la Gironde et Pessac : « Je descendais du coup encore d’une division puisque le SPUC évoluait alors en N1. Mais bon, le projet qu’on m’a proposé était intéressant. J’avais envie de le vivre. »
Une excellente inspiration. Sous les couleurs Violettes, Sheila Segura-Grau a ainsi connu une montée en D2 et a agrémenté son palmarès d’un titre de championne de France de N1. Pas question pour autant de s’endormir sur ces lauriers. Sheila a ainsi continué à étendre son savoir-faire sur son équipe. Un goût du jeu et du collectif qui caractérise la joueuse qui a fêté ses 32 ans en août dernier : « J’aime le jeu, j’essaye aussi d’amener un peu de folie lors des matchs avec ma vitesse. Je suis bien sûr contente lorsque je marque des buts mais je le suis tout autant lorsque je réalise des passes pour mes coéquipières qui finissent le travail. Le jeu d’équipe est très important pour moi. Il s’agit même de ma priorité, j’aime faire briller les autres en donnant de bons ballons » sourit-elle.
De quoi se préserver et durer. Car les années n’ont pas de prise sur la numéro 22 du Spuc, un numéro important puisqu’ « il s’agit de ma date de naissance et celle de mon papa. Quant à ma carrière, tant que mon corps tient, que je ne souffre pas trop, je continue. »
Pour autant, Sheila a vécu une petite révolution personnelle cette année. Si le handball avait toujours été au coeur de ses préoccupations et de ses journées, le sport doit désormais composer avec une activité professionnelle : « Je suis AED au collège des Noès de Pessac depuis la rentrée. Je me rends compte que combiner sport et travail n’est pas facile. Je comprends mieux mes coéquipières qui cumulent depuis des années ces deux facettes de leurs vies » indique Sheila chez qui exprime une pointe de regret : « J’aurai aimé découvrir la D1 en France. Ça ne s’est pas fait, c’est comme ça. Je me donne pour Pessac, pour bien mener le club. »
Sheila fait parfaitement le boulot.
Vincent Ferrandon
Crédit photo : Luka Fayon


