LE VIRUS DU VOLLEY
A 40 ans, Annie Tessier encadre le jeune collectif du Haillan en N2. Une expérience acquise au fil d’une carrière saccadée qu’elle met entièrement au service de son équipe.
Elle a repris du service. Et même si rapidement Annie précise « je ne dépanne que de temps en temps », sa présence fait du bien au groupe du VBC Le Haillan, engagé pour son maintien en N2.
Au milieu d’un effectif rajeuni, Annie Tessier représente la figure tutélaire du groupe, du haut de ses 40 ans. Pas un problème pour l’alsacienne d’origine qui tient parfaitement le choc lors des rudes joutes de ce niveau : « L’idée était de signer pour quelques matchs pour encadrer l’équipe. Je suis rarement là pendant les matchs en raison de mon emploi du temps, de ma vie de famille mais je participe à la vie du groupe. Et puis, le volley, je n’ai fait que ça toute ma vie. J’ai eu plusieurs interruptions dans ma carrière mais le jeu est toujours le plus fort. »
Un bon virus profitable aux haillanaises qui savent pouvoir compter sur la maman de deux enfants, laquelle tient plus que jamais son poste à la pointe : « J’ai joué aussi en position de R4 à l’attaque et la réception. Mais j’aime ce positionnement de pointue. »
De quoi permettre à Annie de reprendre le fil d’une carrière qui s’étire sur plusieurs décennies : « En Alsace, le volley est le sport numéro 1. Il était donc naturel qu’au collège et lycée, je suive la filière sports-études. J’ai commencé chez moi à Kingersheim avant de partir à Rixheim pour évoluer en N1. A mon arrivée en Gironde, je me suis dirigée vers le SA Mérignac. Et à 25 ans, j’ai tout arrêté. » La raison, la naissance du premier enfant d’Annie qui met le volley sur la touche : « J’ai tout stoppé pendant dix ans. Et puis, l’envie est revenue. J’ai recommencé à Eysines avec une équipe de garçons avant d’arriver au Haillan l’an dernier. »
Une aubaine pour une formation dont certaines joueuses n’ont pas encore atteint l’âge de la majorité et qui peuvent compter sur les conseils avisés d’un élément expérimenté : « Il peut y avoir un choc de générations, plaisante Annie. Mais elles sont toutes adorables avec moi. Je suis d’ailleurs là pour tenter d’amener de la cohésion et du liant dans l’équipe. Je suis en plus quelqu’un de très sociable. J’ai beau être la doyenne, mon travail est de regrouper ces jeunes pour former un collectif. »
Dimanche, ce travail a failli porter ses fruits, Le Haillan ne s’inclinant que lors du tie-break face au Plessis-Robinson au terme d’une rencontre de deux heures quinze (voir compte-rendu sur sports33.fr).
L’assistante vétérinaire dans la vie se prend d’ailleurs au jeu. « L’objectif est d’apporter ce que je peux au groupe pour aller chercher ce maintien. Et puis, je me fais plaisir a aller aux entraînements, à côtoyer mes coéquipières. Ça va, elle n’ose pas me chambrer sur mon âge » rigole Annie.
Une Annie Tessier qui effectuera son premier déplacement avec Le Haillan cette saison dimanche pour le derby de Gironde dans l’antre des JSA Bordeaux, leaders au classement de la N2. Son métier ne sera pas de trop.
Vincent Ferrandon
Crédit photo : Sports33.fr


