ELLES NE LAISSENT AUCUNE MIETTE
Avec une saison parfaite jusque là, les Lionnes du Stade Bordelais font figure de nouvelles cannibales du rugby féminin français. Elles ne sont pas rassasiées par leur statut de double championnes de France.
Faire mieux est impossible. Car avec quatorze victoires en autant de matchs de championnat, une première place au classement avec quinze points sur leur dauphin, les Lionnes apparaissent une nouvelle fois injouables cette saison. Mais du côté des double championnes de France de rugby féminin en titre, hors de question de fanfaronner ni de se taper sur le ventre.
François Ratier, le coach de cette équipe du Stade Bordelais connait trop les aléas du sport pour crier victoire aussi tôt dans la saison : « Prenons étape par étape. La première d’entre elle est de finir la saison régulière dans les quatre premières. Puis il faudra viser l’une des deux premières positions pour être certain de recevoir à Bordeaux la demi-finale de la phase finale. Tant que mathématiquement, l’équipe n’en est pas assurée, il ne faut pas se croire arriver. »
La marge de manoeuvre apparait cependant importante entre les joueuses de Gironde et ses concurrentes. Mais les Lionnes sont actuellement privées de plusieurs internationales, retenues par le Tournoi des 6 Nations. Ce qui oblige à un gros rajeunissement des cadres : « Nous nous déplaçons ce week-end à Grenoble affronter une équipe toujours difficile à jouer, prévient le technicien girondin. Ce sera l’occasion de donner du temps de jeu à la jeune génération. Mais c’est vrai que nous avons une marge de sécurité plus réduite en étant amputés de plusieurs joueuses cadres. »
Un bon test en somme pour une équipe bordelaise qui plane sur le rugby féminin français depuis deux ans et ce titre arraché face à Blagnac en juin 2023 dans la dernière seconde : « Ça a fait basculer le club, analyse François Ratier qui a pris place sur le banc juste après. L’objectif à mon arrivée était de faire en sorte que ce titre acquis sur ce dernier match ne soit pas un accident. Nous avons confirmé la saison dernière avec un deuxième titre de championnes de France. »
Reste cependant à faire perdurer cette dynamique, jamais facile dans le sport de haut niveau. Mais les Lionnes se bonifient au fil des saisons. Un constat loin d’être dû au hasard : « L’équipe est plus solide, estime le coach. Avec le staff on tente d’innover, de gérer le quotidien dans la façon de s’entraîner, dans le projet de jeu. J’aime ainsi laisser de l’autonomie aux joueuses, leur confier l’entraînement de temps à autre. Le groupe a mûri et a envie de toujours plus. »
Des ogres qui veulent tout croquer sur leurs passages. Et les challenges ne manquent pas. A commencer par celui de rendre une copie parfaite à l’issue de la saison régulière. « Garder cette invincibilité, les joueuses y tiennent, avoue François Ratier. C’est une motivation qui anime grandement le groupe. »
De quoi lancer ce rouleau-compresseur vers les phases finales avec une vue sur la demi-finale qui pourrait déboucher sur une finale de prestige, organisée à Clermont en lever du match de Top 14 entre Clermont et le Stade Français. Une autre histoire à venir et à écrire.
Vincent Ferrandon
Crédit photo : Marc Montaudon