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L’INSATIABLE JEAN-PIERRE

Dominant la France et l’Europe dans la catégorie 75-79 ans en triathlon, le girondin Jean-Pierre Larrue vise désormais un titre mondial qui viendrait couronner un parcours exceptionnel et loin d’être achevé.

La retraite pépère, très peu pour lui. A 78 ans, Jean-Pierre Larrue écume la Gironde, la France, l’Europe et le monde de ses exploits. De quoi garnir une sacrée armoire à trophées. « Sur les deux dernières années, j’ai obtenu deux titres de champion de France, deux trophées de champion d’Europe également et huit podiums dont une position de vice champion du monde. »

L’an dernier à Pontevedra en Espagne, Jean-Pierre, installé sur le Bassin d’Arcachon est ainsi passé tout près d’un titre mondial, seulement battu de 40 secondes après avoir été dépassé dans les derniers instants : « J’ai du perdre une quarantaine de secondes à la sortie de l’eau. Je ne retrouvais plus mon vélo. Ça a peut être fait la différence. » Car son truc à lui, c’est donc le triathlon dont il domine donc la discipline dans la catégorie 75-79 ans. Une passion pour ce sport, trois en un, née pourtant sur le tard : « J’ai toujours été attiré par le sport, dans ma jeunesse, j’étais déjà très sportif mais plutôt sur les tatamis. En tant que judoka, j’ai pu glaner des titres régionaux et également nationaux. J’étais ceinture noire, cinquième dan à l’âge de 30 ans. J’ai continué dans cette voie en étant professeur de judo puis instructeur dans la police » précise l’ancien commissaire de police.

Peu à peu pourtant, Jean-Pierre Larrue va glisser dans le dur : « Je pratiquais le ski, le football et le tennis. Puis je me suis blessé en pratiquant ce dernier sport. Et là, le corps médical m’a conseillé de me mettre à la natation pour récupérer plus vite. »

Une nouvelle passion qui débouche sur une envie de se dépasser. Et quoi de mieux que d’allier la natation au vélo et la course à pied pour se lancer dans le triathlon : « J’étais du premier Iron Man de Nice en 1982. J’avais 32 ans et j’ai alors eu une révélation. »

Et comme l’ancien judoka ne fait jamais rien à moitié, la passion se fait dévorante : « J’ai du monter tous les cols de France. J’ai ainsi gravi 20 fois le Tourmalet, j’ai escaladé quatre fois de suite le Mont Ventoux, soit 10h15’ de selle, 156 kilomètres et un dénivelé positif de 5 600 m ». Le septuagénaire ne s’arrête pas à ça. En natation, il n’est pas rare de le voir traverser le Bassin d’Arcachon à la nage de Lanton à la jetée Thiers d’Arcachon, accompagnée de sa fille de 46 ans, elle aussi triathlète et de ses petits enfants de 21 et 22 ans qui suivent le même chemin : « Je l’ai fait 7 ans » dit-il fièrement.

Le champion de France et d’Europe poursuit aussi une autre marotte, qu’il a apprivoisé rapidement : « Je pratique également l’aquabike qui consiste en des épreuves de natation et de vélo. » Des disciplines parfaitement maîtrisées qui ont valu à celui qui est aussi champion du monde catégorie sprint, d’autres beaux accessits.

Et la saison à venir promet pour un Jean-Pierre Larrue plus motivé que jamais : « Je vais vivre ma dernière année dans cette catégorie des 75-79 ans. Les objectifs seront les championnats d’Europe à Kitzbühel en Autriche et les championnats du monde à Hambourg. »

Une sortie qu’il ambitionne pétillante sans pour autant inscrire le mot fin derrière : « Je vise déjà l’half Iron Man de Hawaï programmé en 2028. Il consiste en des épreuves de 1900 m de natation, 81 kilomètres de vélo suivis d’un semi-marathon. »

Le genre de défi à faire saliver Jean-Pierre.

Vincent Ferrandon

Crédit photo : DR

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