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« TOUT LE TEMPS SE CHALLENGER »

Tous les vendredis, sports33.fr propose une grande interview d’une actrice ou d’un acteur du sport en Gironde. Dirigeants, entraîneur(e), joueur(se)s, sportives ou sportifs girondins, présentent leurs visions et leurs ressentis. Aujourd’hui, Stéphane Gugnon, le charismatique manager du Stade Bordelais Rugby qui évolue en Fédérale 2 après avoir gravi plusieurs sommets.

Manager du Stade Bordelais depuis huit ans, club qu’il a fait monter en Fédérale 2 la saison dernière après plusieurs accessions, Stéphane Gugnon jette un regard sur sa fonction, le projet de son club et le rugby girondin.

Stéphane, manager d’une équipe de rugby de Fédérale 2, combien de temps cela vous prend-il par jour?

C’est une fonction énergivore. On y pense tous les jours, il n’y a pas de jour off. On est toujours dedans à envisager les différents scénarios, envisager la maîtrise. Il faut gérer tous les aspects au niveau des joueurs, qu’ils soient humains, sportifs, stratégiques. Un manager doit penser à des facteurs multiples. 

Lorsque le rugby prend autant de place, faut-il faire des concessions au quotidien à la maison ou emmener tout le monde?

Je possède un foyer très conciliant. Je n’ai pas de contraintes de ce coté là, c’est cool, je ne rencontre pas de problèmes. Nous sommes de toute façon dans l’échange, on se comprend parfaitement. Tout le monde chez moi participe au projet.

Vous avez été joueur de très bon niveau, cela aide-t-il au niveau du coaching?

Ça aide d’avoir jouer, c’est sûr. Quand on est entraîneur, on peut s’appuyer sur son vécu de joueur. Il est possible aussi de faire référence à sa carrière. Le fait d’avoir jouer soi-même auparavant permet aussi de ressentir la réaction des joueurs car on a vécu cela aussi. Avoir pratiqué sert également à crédibiliser dans un premier temps son discours, sert à avoir une vision globale même si la vérité du terrain est toujours la seule. Dans notre sport, beaucoup d’entraîneurs ont été joueurs mais il existe des belles exceptions.

Vous êtes présent à la tête du Stade Bordelais depuis de nombreuses années. Quel est le secret pour durer?

J’entame ma huitième saison en tant que manager au Stade Bordelais. Ce bail résulte aussi de la volonté de la structure. Le projet du Stade bordelais est réfléchi depuis un certain temps. C’est aussi un projet qui peut apparaitre différent de part la structure et les hommes. Le club suit une volonté de continuité. Ça me ressemble. Nous avons constamment construit en se remettant en cause, en ayant une vue globale sur l’ensemble de la structure. Le fait d’être là depuis longtemps donne une bonne connaissance de l’ensemble des joueurs, seniors comme jeunes. Il existe une cohérence du projet qui me correspond complètement.

Quelle distance faut-il mettre avec les joueurs?

Il n’y a pas de bonne ou mauvaise méthode. Il existe autant de méthodes que d’entraîneurs. Il faut savoir bien doser la distance à avoir et la proximité à instaurer avec son groupe. Pour ma part, je tiens à être toujours très accessible. Mon bureau est constamment ouvert, les joueurs peuvent m’appeler. Après, je me dois aussi d’observer une certaine distance en tant que coach car je dois incarner aussi l’autorité. Il faut trouver le bon équilibre.

Intégrer un staff dans le monde pro peut-il être un objectif dans le futur?

Ça ne m’intéresse pas du tout, je ne cours pas après ça. Je ne suis pas dans l’ADN du monde pro. Je préfère complètement m’immerger dans le projet cohérent du Stade Bordelais plutôt que de faire des plans sur la comète. Mon but est plutôt d’emmener le Stade Bordelais le plus haut possible et de poursuivre ma mission de construction.

Vous avez 47 ans, peut-on exercer cette fonction de manager pendant de longues années?

Je ne pense pas qu’une durée minimale soit requise. Il n’y a même aucun souci à durer. Le tout est de savoir se renouveler. Je ne suis pas le même qu’il y a 8 ans, ni qu’il y a 6 ans par exemple. Le coaching évolue tous les ans. Il faut changer la méthode, le discours, il faut tout le temps se challenger. 

Comment jugez-vous le rugby amateur en Gironde?

Actuellement, je qualifierai le rugby amateur girondin comme étant plutôt dynamique sur les équipes seniors. Quelques clubs travaillent bien. Disons que l’on s’est remis au travail. Nous pouvons nous appuyer sur la locomotive UBB mais il faut que cette locomotive découle sur les structures amateurs. Une petite course s’est engagée pour être numéro 2 derrière l’UBB.

Vincent Ferrandon

Crédit photo : sports33.fr

Légende : Stéphane Gugnon au milieu de ses troupes.

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