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« ÊTRE ENTRAÎNEUR, C’EST TOUJOURS AVOIR LA TÊTE À L’ÉQUIPE »

Tous les vendredis dorénavant, sports33.fr vous proposera une grande interview d’une actrice ou d’un acteur du sport en Gironde. Dirigeants, entraîneur(e), joueur(se)s, présenteront leurs visions et leurs ressentis. Aujourd’hui, place à Clément Tapy, le coach du SA Mérignac en R1.

Il a rapidement pris ses marques. A 32 ans, Clément Tapy entame sa troisième saison sur le banc du SA Mérignac en R1. Des débuts dans le métier tonitruant avec une permanence de son équipe dans le Top 3 du championnat et deux aventures en coupe de France dont celle de l’an dernier achevée aux tirs au but contre Istres (N2) en 32e de finale. Le jeune entraîneur de Gironde, au début de sa carrière, livre son ressenti sur sa fonction.

Clément, l’adage veut que le coaching soit chronophage, partagez-vous cette idée?

C’est un peu ça en effet. Etre entraîneur, c’est avec toujours la tête à l’équipe, penser aux entraînements, aux matchs à venir. C’est du non stop.

Vous êtes un jeune coach, comment gérer-t-on un vestiaire dont certains joueurs sont plus âgés que vous? Faut-il faire preuve d’un autoritarisme forcé?

L’autoritarisme ne fonctionne pas avec les nouvelles générations. Et puis, ce n’est pas non plus ma façon de fonctionner. Je pense qu’il faut rester soi-même, ne pas tricher. Je souhaite plutôt mettre en avant l’exemplarité, être droit, être synchro entre ce que je dis et ce que je fais. De toute façon, le jeu et le foot prennent le dessus. L’important est d’être cohérent dans ce qu’on fait.

Etre entraîneur doit-il nécessairement résulter d’une vocation?

J’ai toujours voulu baigner dans le football, depuis tout petit c’est mon souhait. C’est ma passion. J’ai été joueur mais je me suis blessé aux chevilles. Je suivais en même temps des études de Staps sur Toulouse, c’était un peu compliqué. Je ressentais de la frustration de ne pas pouvoir profiter du football comme je le voulais. J’ai très vite eu un besoin d’entraîner, d’être décideur d’abord chez les jeunes puis avec les seniors.

Vous entraînez le SA Mérignac en R1, un club amateur mais qui nécessite beaucoup d’investissements. Comment parvenez-vous à concilier football et vie professionnelle?

Depuis quatre ans, j’étais employé au lycée Fernand-Daguin de Mérignac. Cela restait compliqué de tout gérer car en tant que coach, les sollicitations sont nombreuses. Il faut répondre aux besoins des joueurs, du staff, préparer les séances. On court après le temps et c’est un vrai enjeu dans nos journées. Cela demande beaucoup d’organisation et d’énergie dépensée. Mais je commence lundi une nouvelle fonction et je vais être à 100 % au SAM, à travailler au sein du club. Cela va faciliter les choses.

Cette fonction est prenante. Vous voyez-vous sur un banc dans 30 ans?

Je l’espère. Pour le moment, je prends du plaisir en tant que coach. J’espère rester dans le football le plus longtemps possible. Je pense que l’adrénaline du terrain me manquerait si je ne devais m’éloigner du milieu. J’ai la chance d’être au coeur du terrain et du jeu. Tant que mon message passe auprès des joueurs, je continue.

Avez-vous envie de vivre des expériences à des niveaux plus élevés?

J’ai envie de connaître le milieu pro un jour oui. Le plus haut niveau me fait vibrer depuis tout petit. Je caresse l’espoir d’avoir un jour ma chance, pourquoi pas dans un staff dans un premier temps. 

On constate que le monde amateur est sujet aussi aux changements de coachs en cours de saison? Est-ce une pression supplémentaire pour vous?

Il faut trouver un équilibre. J’ai la chance de travailler au SA Mérignac qui fait confiance aux techniciens, qui donne le temps de travailler aux entraîneurs. Les dirigeants nous assurent de bonnes conditions au quotidien. Mais il ne faut pas sombrer dans le confort, on ne progresse pas dans le sport et le foot de cette manière. Disons que la pression, on se la met tout seul, on vit pour les résultats. Le tout est de rester focus quand ça marche bien tout en ne se laissant pas aller, en n’étant pas suffisant. Il faut gérer ses joueurs, son équipe. Un entraîneur doit se faire confiance.

Comment qualifieriez-vous votre méthode?

J’ai des principes de base sur la manière dont je veux faire jouer mon équipe. Pour moi, le but est de lui faire jouer le meilleur football possible par rapport aux joueurs dont je dispose. Je veux faire ressortir les qualités de chacun, les faire adhérer à mon projet de jeu. Il faut également être rigoureux dans l’attitude. Le tout est d’avoir une équipe qui vit bien ensemble, qui fait les efforts ensemble. Le but est de faire ressortir les qualités de chacun. 

Avez-vous des modèles d’entraîneur?

Je pioche chez beaucoup de monde. Mais le maître des temps modernes reste Pep Guardiola. Il a inspiré tellement de monde, il a instauré tellement de nouvelles règles dans le coaching. On sent la patte Guardiola dans beaucoup d’équipes. Il a révolutionné le football de ces dernières années. Mais je n’oublie pas non plus des techniciens comme Alex Ferguson et Arsène Wenger qui ont su construire une équipe durant de très longues années.

Propos recueillis par Vincent Ferrandon

Crédit photo : Sports33.fr

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