L’ATYPIQUE ALEXANDRA
Joueuse d’expérience du Saint-Loubès HB en N1, Alexandra Barrailh règne dans son but avec un style bien à elle. Un jeu qui lui a permis d’obtenir des titres inédits durant sa carrière.
Sur le papier, Alexandra Barrailh peut paraître en décalage. Au sein d’un groupe loubésien qui affiche une moyenne d’âge d’environ 20 ans, les 34 printemps de la gardienne de but pourraient la laisser isolée. Mais le constat est vite battu en brèche par la principale intéressante : « Je suis un peu le clown de service. Les filles me disent que je ne fais pas du tout mon âge » sourit Alexandra, dont le caractère enjoué fait du bien aux Louves : « J’ai ce côté en moi mais je sais aussi reprendre mon sérieux pour conseiller, donner confiance aux jeunes. »
Un dernier rempart qui ne passe donc pas inaperçu. Un rayon de soleil en somme qui a trouvé le poste adéquat : « Etre gardienne de but dans notre sport peut être assimilé à être complètement folle. Ce qualificatif peut me correspondre en match. Je suis atypique, vive, surprenante dans mes arrêts. Je n’hésite pas à me jeter pour préserver mon but. Pour moi, une gardienne fait un sport de combat et doit tout faire pour le collectif. Je lui donne mon corps. »
Un sens du sacrifice qui a déjà valu à Alexandra deux ruptures des ligaments croisés du genou, en 2018 d’abord puis fin 2024 : « Comme ça, je suis réparée des deux côtés » lance-t-elle avant de poursuivre : « J’ai eu la chance lors de ma deuxième blessure d’être très vite prise en charge. J’ai été opérée en janvier 2025 et j’étais déjà en train de suivre la prépa physique de la saison en juillet 2025. De toute façon, j’étais déterminée à revenir » souligne la joueuse de Gironde qui avoue observer nombres de rituels avant les matchs : « J’ai quelques tocs, je regarde la vidéo de mes matchs, je fais de la méditation, je peux aussi mettre les mêmes vêtements sous mon maillot. Ça m’aide ».
Des rituels venus au fur et à mesure d’une carrière entamée à Léognan avant de la poursuivre à Cestas en N3, à Canéjan pour une pige et même au delà de la Manche : « Pour mes études de communication, je suis partie deux ans en Angleterre. Mais pas question pour moi d’arrêter le hand, j’en avais trop besoin. J’ai alors signé dans un club là-bas, basé à Londres. Même si le niveau n’est pas le même qu’ici, j’ai quand même joué en D1, été championne d’Angleterre et gagné deux coupes d’Angleterre. Sans compter que j’évoluais dans le gymnase qui a accueilli les JO de 2012. J’y ai aussi découvert le beach » énumère Alexandra avec modestie.
Depuis quatre ans, la gardienne, qui travaille au quotidien dans le secteur de la construction de maisons pour la société MCA, apporte son métier et son talent aux Louves de Saint-Loubès. Une recrue bienvenue qui a ainsi pu vivre la montée en N1 voici deux ans avant de se maintenir depuis à ce niveau : « Jouer en N1, je le souhaitais vraiment. C’est le mieux que je pouvais faire. »
Avec Alexandra, le mieux est souvent sans limite.
Vincent Ferrandon
Crédit photo : @insopop_


