DÉJÀ TOUT D’UNE GRANDE
Encore au début de sa carrière, l’arrière Mathilde Canerot vit avec le CA Bègles sa troisième expérience en D2, une division dont elle a tutoyé les sommets l’an dernier.
La ligne sur le palmarès est prestigieuse. Au printemps dernier, Mathilde Carenot a agrémenté son CV d’une montée en D1 avec Le Havre son club d’alors. Une Elite dont la porte s’est finalement refermée sur l’arrière-droite : « Le club m’a signifié que du fait des recrues, j’allais avoir nettement moins de temps de jeu. Jouer pour l’équipe réserve alors que je sortais de deux années en D2 ne m’intéressait pas. J’ai alors décidé de quitter le club. »
Adieu donc la Normandie et bonjour la Gironde pour une Mathilde qui répond alors favorablement aux sollicitations du CA Bègles, alléché par le pedigree de la joueuse. Un retour dans la région qui convenait à la pyrénéenne : « Je suis originaire de Lourdes. J’ai d’ailleurs commencé le sport et le handball là-bas. Mon mère jouait, mon père a aussi été mon entraîneur à Lourdes avant de me coacher à Asson où je suis ensuite partie. »
S’en suit une montée en puissance avec le pôle espoir de Talence, un court passage à Pau Nousty, une confirmation à Bordes en N1 et un départ pour Toulouse à l’été 2023 pour une première expérience enrichissante en D2 : « J’ai eu du temps de jeu, j’avais passé une très bonne saison là-bas, ce qui m’a permis de partir au Havre et de glaner ce titre de championne de France de D2. »
La parcours est déjà riche alors que Mathilde n’affiche que 21 ans au compteur. Pour preuve, le statut pris par l’arrière depuis son arrivée à Bègles, un statut de cadre que la droitière assume pleinement sur le terrain : « J’ai la hargne, toujours l’envie de gagner, exprime-t-elle avec l’accent chantant qui trahi ses origines. Je suis persévérante, je gagne beaucoup de duels dans l’espoir de pousser l’équipe vers le haut. »
Une Mathilde qui enchaîne aussi les courses dans les espaces, tout en étant présente en défense. Une débauche d’énergie qui a fait défaut récemment à son équipe. De janvier à mars, la joueuse a manqué deux mois de compétition après avoir été touchée aux deux ligaments de la cheville. « Mes coéquipières me demandaient quand j’allais revenir. J’ai trouvé ces deux mois très longs. Je n’ai pas beaucoup de patience » sourit-elle.
Une période que la pyrénéenne met à profit pour ses études : « Je suis en troisième année d’économie et gestion, un diplôme qui va me permettre de travailler plus tard dans la finance. Je fais cette année du distanciel, ce n’est pas évident, il faut une certaine rigueur. Il faut s’accrocher et avoir une belle assiduité » assure-t-elle, tout en s’occupant du TAP dans une école deux fois par semaine.
Une bouge toujours qui assume aussi ses ambitions : « La D1 s’est refusée à moi de peu l’an dernier. J’espère bien y goûter un jour » lance la numéro 25 du CAB. Un numéro spécial pour elle : « Ma mère jouait avec le 5 mais ce numéro était déjà pris. Comme je suis née en 2005, le 25 est parfait. Je le portais aussi au Havre. Ça remplace idéalement ce chiffre habituellement sur mon maillot. »
Un numéro qui ne risque pas de passer inaperçu pour de nombreuses années.
Vincent Ferrandon
Crédit photo : Luka Fayon


