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DU VESTIAIRE AU TABLEAU BLANC

À Lormont, Darel Kingue ne vit pas le football comme tout le monde. À 25 ans, il alterne entre le maillot de match de R1 et le survêtement sur le banc de touche. Deux rôles, une même passion, et un équilibre parfois fragile à maintenir.

Joueur de l’équipe fanion depuis cinq saisons, Darel s’est imposé naturellement comme un cadre. Non pas par le bruit ou les mots, mais par le temps passé au club, la constance et l’attitude. « À force, tu prends un rôle d’ancien », glisse-t-il simplement. Un statut qui dépasse le terrain, surtout lorsqu’on porte aussi la casquette d’éducateur. Les jeunes qu’il entraîne le week-end le regardent jouer.

 

Dans le vestiaire, Darel est un joueur comme les autres. Sur le terrain, un latéral moderne, formé ailier, à l’aise dans les systèmes qui demandent projection et intelligence de déplacement. Un joueur qui anticipe beaucoup, conscient de ses limites physiques mais fort dans la lecture du jeu. Cette capacité d’analyse, il la cultive aussi en dehors des matchs, allant chaque week-end regarder les matchs en tribune.

Car une fois les crampons rangés, c’est une autre préparation qui commence. Celle de l’éducateur. En U14, première année de football à onze, tout est différent. Les repères changent, le terrain s’élargit, les exigences augmentent. Darel ne prépare pas ses séances comme un match senior. Il pense progression, accompagnement et compréhension. Il cherche à concerner tout le monde, à poser des bases solides pour une évolution constante.

Cette double casquette n’était pas un projet de départ. Elle lui est tombée dessus presque naturellement, en donnant un coup de main à Dany Santenac chez les U17 de Lormont, puis en prenant un groupe. Les U12 ont été un déclencheur. Transmettre ce qu’il appelle modestement sa « minuscule carrière ».

 Aujourd’hui diplômé du DF, il s’inscrit pleinement dans un parcours d’éducateur, avec l’envie d’aller plus loin.

Mais, vivre ces deux rôles en parallèle n’est pas sans conséquence. « C’est une grosse charge mentale et physique », explique-t-il. Les week-ends sont longs, parfois hachés. Il n’est pas rare de voir Darel quitter un match de jeunes à la mi-temps pour filer jouer avec la première, parfois après un déplacement comme à Prigonrieux. Le club aménage, facilite, s’adapte. Lui aussi. Il apprend à tourner la page rapidement.

Sur le terrain, cette double lecture est parfois un piège. Le joueur du club de Gironde le reconnaît : « Des fois, je suis sur le terrain et je me dis même que j’abuse quand mon coach me dit quelque chose et je me dis pourquoi il fait pas ça. » Mais cette exigence devient aussi un avantage dans la pratique de son sport. Observer les systèmes adverses, identifier les forces et les faiblesses, comprendre vite, les entraîneurs s’appuient sur lui pour ça.

Dans une saison compliquée pour l’US Lormont, marquée par une montée tardive et des résultats difficiles, il incarne une forme de stabilité. Le contenu est là, la cohésion aussi. Reste à forcer le destin, notamment à l’extérieur. Comme souvent dans le football amateur, tout se joue sur des détails. Et sur la capacité à rester uni.

Darel Kingue avance sans bruit, sans promesse. Joueur aujourd’hui, éducateur en devenir. Entre le vestiaire et le tableau blanc, il construit une trajectoire cohérente, tournée vers la transmission. Et si le football ne lui a pas encore offert toutes les réponses, il lui a déjà donné une certitude. C’est dans le partage qu’il se sent le plus à sa place.

Aurélien Walas

Crédit photo : US Lormont

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